29 mai 2024

Quelle empreinte carbone pour la coupe de monde de rugby en France ?

La startup SAMI, spécialiste des bilans carbone, a réalisé une étude sur l’impact environnemental de la prochaine coupe du monde de rugby qui se déroulera dans l’Hexagone du 8 septembre au 28 octobre prochains. Intéressant.

Par la rédaction

Selon les experts SAMI, l’édition 2023 de la Coupe du Monde de Rugby, qui commence dans moins de 100 jours par le match France-Nouvelle-Zélande, devrait émettre environ 640 000 tonnes d’équivalent CO2 (CO2e). A titre d’exemple, c’est 10 fois moins que la Coupe du monde de football au Qatar l’an dernier (environ 6M tCO2e).

Dans le détail, les principaux postes d’émissions de la compétition sont :

  • Les déplacements : 465 262 tCO2e, soit 73,3% des émissions totales. C’est de très loin le premier poste d’émission de la compétition. La venue des supporters étrangers pèsera le plus puisque ces déplacements représentent à eux seuls 55,6% des émissions totales. Par exemple, les 10 000 supporters australiens et les 10 000 supporters néo-zélandais devraient émettre à eux seuls 115 000 tonnes de CO2e, soit plus d’⅙ des émissions de la Coupe du Monde. Viennent ensuite les déplacements en France pour suivre les matches, soit 16,9% des émissions totales.
  • L’hébergement et la restauration : 88 000 tCO2e, soit 13,8% des émissions. Ici, c’est l’hébergement qui pèse le plus lourd avec 98% des émissions du secteur. En cause, les consommations d’énergie dans les hôtels, les snacks, petits-déjeuners ou encore la fabrication du textile utilisé dans les chambres.
  • Le numérique : 65 401 tCO2e, soit 10,3% des émissions. Ce secteur est en forte progression par rapport à la Coupe du Monde de Rugby en 2017, +30%. 780 millions de foyers devraient suivre la compétition, soit une audience cumulée globale de 4 milliards de téléspectateurs.
  • Le merchandising : 8719 tCO2e, soit 1,4% des émissions. 950 000 maillots et 165 000 ballons devraient être vendus. Ces produits ont en plus un cycle de vie très court du fait de la forte périodicité entre chaque Coupe du Monde (4 ans).
Comment rendre un événement de cette envergure compatible avec l’Accord de Paris ?

SAMI s’est également amusé à imaginer un plan d’action qui pourrait mettre la coupe du monde sur la trajectoire d’un événement compatible avec les objectifs de l’Accord de Paris. Pour cela, la climatech a calculé les émissions de l’édition 2007 de la coupe du monde de rugby à laquelle elle a appliqué la trajectoire SBT (Science Based Targets). Cela implique une baisse des émissions de 4,2% par an. Pour respecter cet objectif, ce type d’événement devrait diviser par 3 ses émissions. Pour y arriver, voici quelques unes des principales mesures que l’équipe d’experts propose :

➝ Garantir que les ⅔ minimum des billets seront vendus aux spectateurs du pays organisateur. Et fixer un quota sur le nombre de supporters étrangers hors région du pays hôte. Ici l’hypothèse retenue est de 1% maximum de supporters non-européens. C’est la mesure la plus drastique mais la seule à même de respecter la trajectoire définie. Potentiel de réduction : -85% d’émissions de CO2e, soit -300 892 tCO2e.

→ Hausse significative de l’offre de mobilité bas carbone au sein du pays hôte. Par exemple, ils pourraient proposer des packs spéciaux avec tickets de matchs et des billets à prix réduits pour le train. Potentiel de réduction : -77% d’émissions de CO2e, soit -80 222 tCO2e.

→ Orienter les spectateurs vers des hôtels labellisés et développer une offre végétarienne dans les stades et pour les repas des équipes. Potentiel de réduction : -58,5% d’émissions de CO2e, soit -52 141 tCO2e.

→ Mettre en place des politiques de sobriété numérique. Potentiel de réduction : -10% d’émissions de CO2e, soit -7 764 tCO2e.

→ Fixer des quotas de production sur les tenues et produits dérivés, bannir les références les plus émissives, privilégier les produits éco-conçus, fixer un cahier des charges aux fabricants et à leurs fournisseurs. Potentiel de réduction : -43% d’émissions de CO2e, soit -3 714 tCO2e.

→ Organiser la compétition dans un pays où 10% maximum d’infrastructures sont à construire. C’est le cas déjà pour cette Coupe du Monde car aucun des 9 stades n’a été construit pour la compétition.

→ Mettre en place des appels d’offres responsables auprès des constructeurs et sociétés de travaux ou de rénovation des infrastructures. Potentiel de réduction : -20% d’émissions de CO2e, soit -750 tCO2e.

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